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Interview exclusive du député-maire, Jean-Christophe Fromantin

Impact financier de la réforme territoriale, logement social, travaux et grands projets, qualité de vie à Neuilly, élections en 2017, le député-maire Jean-Christophe Fromantin répond à vos questions dans une interview exclusive.

Interview de Jean-Christophe Fromantin

Depuis le 1er Janvier 2016, Neuilly est membre du Territoire Paris-Ouest-La Défense (POLD) et de la Métropole du Grand Paris (MGP) - Quelles sont les incidences pour notre ville ?

« L’impact financier est catastrophique car les mécanismes de prélèvement au titre des fonds de solidarité nationaux et régionaux portent à plus de 100 millions d’euros le prélèvement sur notre territoire (POLD) – et la quote-part de Neuilly, qui vient de nous être notifiée par l’Etat, est de 10 millions d’euros –. Au total, Neuilly va ainsi devoir s’acquitter dès cette année de plus de 20 millions d’euros de prélévements de l’Etat ! Ces montants sont scandaleux, confiscatoires et insoutenables. Je viens d’engager un recours pour saisir le Conseil constitutionnel, à la fois sur les montants qui remettent en cause la règle fondamentale de « libre administration des communes », car ils atteignent dorénavant plus de 35% de nos recettes fiscales, mais j’engage également un contentieux sur la forme car cette hausse des prélèvements ne procède pas d’une décision législative mais d’un Décret arbitraire du Gouvernement dont Neuilly semble être la cible. J’ai également demandé un rendez-vous au ministre de l’Intérieur et je viens de geler tous les partenariats avec l’Etat dans l’attente d’explications.

« Les nouveaux prélèvements de l’Etat qui pèsent sur la ville sont scandaleux, confiscatoires et insoutenables »

Et sur le plan opérationnel ?

Il n’y a pas plus d’avantages. La Loi nous impose de transférer des charges et des recettes qui sont ajustées par des mécanismes assez complexes de compensation. C’est le cas du ramassage des ordures ménagères, de l’urbanisme ou de l’assainissement qui sont dorénavant gérés par Paris-Ouest-La Défense (POLD). Cela n’apporte rien à la ville et augmente le travail administratif.

Neuilly est régulièrement désigné comme mauvais élève pour le nombre limité de ses logements sociaux. - Quelle est la situation réelle de notre ville ?

Là encore la ville est en permanence pointée du doigt en ce qu’elle constitue un symbole. J’ai vivement réagi contre les oukases de l’Etat qui réclame de nouveaux engagements alors qu’il sait très bien que la ville est structurellement contrainte par sa configuration urbaine. J’ai rappelé à l’Etat qu’il était un des premiers propriétaires immobiliers de Neuilly et qu’avec seulement 2% de son propre parc en logements sociaux – alors qu’il nous en impose 25% – il était difficilement acceptable de recevoir des leçons. Nous venons de réaliser une opération sur le boulevard Bineau (Ile de la Jatte), nous préparons la démolition/reconstruction du 167 avenue Charles de Gaulle et nous faisons quelques opérations de moindre envergure quand des opportunités se présentent. Je suis en permanence mobilisé pour que notre bonne foi soit reconnue afin d’éviter de subir des hausses de pénalités.

Neuilly va être impacté dans les mois à venir par de nombreux chantiers qui risquent de bouleverser le quotidien des Neuilléens – Quelles dispositions vont être prises pour éviter d’éventuelles nuisances ?

Je suis conscient que les chantiers en cours ne sont pas confortables pour beaucoup d’entre nous mais il est indispensable que notre ville se transforme pour s’adapter aux nouveaux besoins et garder ses exigences de qualité. Je suis moi-même très demandeur à ce que ERDF, GRDF et tous les opérateurs techniques mettent tous les quartiers de Neuilly aux meilleurs standards en termes de distribution. Nous continuons de notre côté à rénover, quartier après quartier, l’éclairage public. Nous démarrons également le chantier du parking Madrid avec notre partenaire Indigo. Cela va durer deux ans mais permettra de libérer de nombreuses places dans un quartier très saturé.

De tous ces chantiers, Eole risque d’être le plus gênant ?

C’est vrai que le chantier Eole (RER E – prolongement de la ligne de St-Lazare à Mantes-la-Jolie) va avoir des répercussions importantes à Neuilly puisque les normes de sécurité qui imposent dorénavant des sorties de secours tous les 800 mètres entraînent la création de trois sorties place Gouraud, à l’angle de la rue de l’Hôtel de ville et de l’avenue Charles de Gaulle et sur la place du marché. Nous suivons de très près ces chantiers avec SNCF Infrastructure. J’ai pris l’initiative d’organiser des réunions d’information dès le démarrage de ce projet avec les riverains concernés par les ventes de tréfonds mais aussi avec les commerçants directement impactés par les travaux.

Interview de Jean-Christophe Fromantin

« Notre ville se transforme pour s’adapter aux nouveaux besoins et garder ses exigences de qualité »

Dans cette période de plan Vigipirate et d’état d’urgence, quelles mesures ont été prises pour renforcer la sécurité à Neuilly ?

Comme vous l’imaginez, nous suivons de très près la situation. Une réunion a été récemment organisée en mairie avec le Préfet, le Procureur adjoint, le Directeur départemental de la sécurité publique et les polices nationale et municipale de Neuilly. Cela nous a permis de faire un point sur les dispositifs en place et de s’assurer des meilleures conditions de sécurité. Des aménagements ont également été faits dans les écoles. Notre système de vidéo-protection est très utile dans ces circonstances. Des contingents militaires supplémentaires sont également déployés sur Neuilly.

Une grève s’est déroulée à Neuilly du 11 au 13 avril dernier. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Cette grève a été lancée à l’appel de la CGT pour contester des nouvelles règles prises en matière de gestion des absences. Mon objectif était à la fois de mettre en conformité la ville avec des dispositions nationales mais aussi de prendre des mesures de lutte contre l’absentéisme. La grande majorité des agents n’a pas fait grève et les grévistes ont repris le travail à l’issue du 3ème jour d’arrêt.

Les tennis privés Saint-James vont laisser place à un équipement sportif polyvalent accessible à tous - Pouvez-vous nous présenter ce projet plus en détail ?

Il est d’abord nécessaire de rappeler que ce terrain de plus de 6 000m2 a été acquis par la ville en 2004 au prix de 12 millions d’euros avec pour objectif d’en faire un nouvel équipement sportif pour tous les Neuilléens. Cette destination sportive a été débattue, expliquée puis entérinée dans le plan local d’urbanisme jusqu’à son vote en 2013. L'association Tennis Club de Neuilly Saint-James en a  très largement profité avec un tarif de location particulièrement exceptionnel de 12 000 euros par an. Le Conseil municipal a récemment voté, à une large majorité, pour le projet de réaménagement de ce site avec la mise en place de quatre terrains de tennis couverts, dont deux à usages polyvalents, de sept salles de sport et d’un terrain de plein jeu réservé aux Neuilléens, aux écoles et aux associations sportives de la ville. Un congé a été donné au Club des Tennis Saint-James pour lancer le chantier. J’ai accepté de ne démarrer les travaux que fin septembre afin que la saison puisse se terminer dans les meilleures conditions pour tous les membres. Je suis d’ailleurs heureux de constater que le processus de fusion entre les deux clubs de tennis de Neuilly soit maintenant engagé. Les appels d’offres ont été lancés et nous visons l’ouverture de cet équipement sportif en 2018. La ville souffre d’un manque d’espaces pour le sport et je me réjouis que ce projet puisse répondre à l’évolution des besoins. L’investissement sera d’environ 9 millions d’euros, ce qui reste très raisonnable compte tenu de l’importance des nouvelles surfaces qui seront déployées.

« Je présenterai dès cet automne le projet d’aménagement de l’avenue Charles de Gaulle »

Interview de Jean-Christophe Fromantin

Où en êtes-vous sur l’avenue Charles de Gaulle ?

Comme vous le savez, dans la foulée du projet « Axe majeur » que j’avais lancé dès 2010, j’ai entamé une négociation avec l’Etat pour que nous soient restituées les largeurs des contre-allées et le terre-plein central. Nous avons lancé un concours de paysagistes et d’architectes pour que des propositions d’aménagement soient faites et nous étudions le projet d’un parking souterrain. En parallèle j’ai demandé à l’Etat d’envisager à l’horizon 2020 le changement de rythme des feux pour donner la priorité aux piétons. Toutes ces évolutions permettraient de modifier radicalement l’avenue Charles de Gaulle avec de grands trottoirs paysagers et un ralentissement du trafic central. J’envisage d’organiser une réunion publique en fin d’année dès que nous aurons des orientations plus précises pour partager ce projet avec toute la population.

« Je n’ai pas fait de choix pour 2017, mon engagement politique reste guidé par l’idée d’être utile à ma ville et à mon pays »

Les élections législatives et présidentielles de 2017 sont dans tous les esprits. – Comment abordez-vous ces étapes déterminantes de notre vie politique nationale ?

Je crois que 2017 sera une échéance déterminante à cause des décisions qui s’imposent à la France. Nous devrons être audacieux et courageux pour lancer, enfin, les réformes de structure dont notre pays a besoin. Tous les indicateurs sont au rouge et la France décroche de plus en plus par rapport aux pays comparables. J’ai une approche assez singulière de cette échéance car je fais le constat que les partis sont en fin de course, que les professionnels de la politique manquent de courage depuis 30 ans et qu’il est temps de stimuler un renouveau. Je regrette également que les élections législatives ne soient devenues, à cause du quinquennat, que la conséquence des présidentielles. Cet alignement fige l’initiative politique dans les limites des promesses des candidats aux présidentielles. Or je crois à l’équilibre des pouvoirs comme l’avait construit le Général de Gaulle en créant la Vème République. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé un appel pour constituer un vivier de candidats indépendants aux législatives, et pour les rassembler autour d’une proposition de loi de programme qui aborderait les grandes réformes nécessaires pour la France. A titre personnel, je n’ai pas fait le choix du mandat que je devrai choisir en 2017, c’est une décision difficile. Je la prendrai en suivant le principe fondateur de mon engagement politique, de rester libre et d’aller là où je suis le plus utile pour ma ville et pour mon pays. »




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